Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Virée oncologique

"C'est un cancer." Tout commence par cette petite phrase.

CURITHERAPIE

Publié le 12 Juin 2016 par Sophie dans cancer - témoignage

CURITHERAPIE

Bien sûr que je me souviens...

De ma semaine à l'Oncopole, pour la curiethérapie.

Les couloirs immaculés, tout de baies vitrées de la section "Médecine nucléaire". Les portes fermées ne s'ouvrant qu'avec parcimonie, lorsque la lumière est verte...

Le traitement en lui même...

Le corps relié à la machine 24/24, sans pouvoir se lever, sans pouvoir bouger...le mal au dos, le comptage des minutes pour attendre que la machine se déclenche, les entrées du personnel soignant durant la 1/2 heures de pose de la machine.

Les jours, longs....les nuits interminables....sans pouvoir dormir, sans pouvoir penser, l'esprit fatigué, épuisé...même la télé devient insupportable....

Les petits matins à regarder par la fenêtre, la journée commencer...les longues journées s'écouler, la tête lourde, le corps meurtri....et la nuit arriver....

Et puis, je me souviens aussi et surtout, du personnel....gentil, empathique, à l'écoute, d'une humanité au delà de l'humanité...

Les discussions sur tout et sur rien. Les nuits à papoter pour faire passer les longues heures d'insomnie. Les massages quand le dos n'en peut plus. La douceur, les bons gestes, l'empathie sans la pitié. Toujours le mot juste avec la bonne distance, sans aucune intrusion ; toujours dans le respect du malade, de son intimité, de son humanité.

Que dire de plus ? Comment le dire ? Souvent je pense à ces femmes, à ces infirmières, à ces aides soignantes qui m'ont accompagné durant cette semaine...

Une semaine, c'est si peu....et tant à la fois...

commentaires

FAIRE LA BOULE

Publié le 7 Juin 2016 par Sophie dans cancer - témoignage

FAIRE LA BOULE

Quand la fatigue arrive, sourde, puissante, lourde

Que tout paraît insurmontable, ingérable, infaisable

Que la boule au ventre se fait plus grosse

Le mieux est de plier, de déclarer forfait

et de se replier sur soi, loin de tout, loin du monde

et attendre que cela passe

Cela ira mieux demain, dans quelques heures, dans une heure...

commentaires

Grand frère

Publié le 31 Mai 2016 par Sophie dans cancer - témoignage

Grand frère

Je me souviens...

D'un trajet en voiture, avec mon frère, au tout début.

Il m'avait accompagné à l'Oncopole pour passer le tepscan. A l'époque, je ne savais pas ce que c'était. Je n'avais jamais entendu le mot.

Après le choc de l'Oncopole, ses malades, ses couloirs immenses immaculés, la gentillesse du personnel, son empathie...

Après le choc de l'examen lui même : la paperasserie, la petite carte nominative qui vous fait membre de cette étrange confrérie, l'entretien avec le médecin, l'examen....

Déjà la fatigue, alors que les traitements n'ont pas commencé, et cette légère boule au ventre, toute légère parce que je me laisse porter par cette série d'examens, sans prendre le temps de penser....

Dans la voiture, sur le chemin du retour, mon frère est silencieux.

"Je suis désolée, mais c'est toi que j'ai choisi comme personne de confiance, si les choses s'annoncent graves...tu es la seule personne qui.." : je prononce ces paroles calmement, sans pathos, comme si elles venaient d'elles mêmes...

"Je sais, me répond t il. De toutes facons, on a pas le choix. On est que tous les deux...."

"Et puis, il faudra penser aux enfants. Il va falloir qu'on en parle...."

"Oui, on va s'en occuper. Mais attendons les résultats."

Je ne remercierai jamais assez ce grand frère qui a été incroyable de force, de tacts, toujours avec le mot que je voulais entendre, au bon moment, chaleureux sans aucune pitié; Toujours la bonne distance.Jamais une larme, toujours solide ; ne détournant jamais la conversation par peur de l'échange. Disant le mot juste, sans détour....et qui a signé tous les papiers à chaque opération, à chaque traitement au cas où...

commentaires

"BONNE MERE"

Publié le 24 Mai 2016 par Sophie dans cancer - témoignage

"BONNE MERE"

Je me souviens...

Dès le début du protocole, j'ai littéralement "jeté" ma mère.

En "bonne mère", elle se proposait de prendre soin de moi, de venir vivre à la maison pour s'occuper des jumeaux, de nous....

Mais je ne supportais pas de voir son visage creusé par l'angoisse, ses yeux dans lesquels je voyais ma mort. Je ne supportais pas ses larmes, ses fausses paroles d'encouragement, d'espoir....

Je l'ai mise dehors. Avec l'aide de mon frère, qui a heureusement compris. Qui n'a pas cherché à me contredire. Qui a même gérer cette mère "trop aimante", lui donnant quasiment de - rares - heures de visite, avec mon accord, pour venir me voir....

Je crois qu'elle a compris mon comportement, même si cela a du être difficile pour elle.

Mais sincèrement,je ne pouvais pas agir autrement. Je ne pouvais pas me concentrer sur mon face à face avec la maladie et gérer le désespoir de ma mère, me voyant quasiment morte, comme une répétition de ce qu'elle avait vécu avec mon père...

commentaires

PETITE PHRASE

Publié le 12 Mai 2016 par Sophie dans cancer - témoignage

Une petite phrase de ma fille quand j'ai annoncé que les examens étaient excellents, que tout allait bien : "Tu vas reprendre le travail alors ?"

Cela m'a surpris. Je ne m'étais pas rendue compte que pour mes enfants le fait que je travaille était aussi important à leurs yeux. Si je travaille, c'est que je vais bien, c'est que je suis redevenue "normale", moi la maman hyperactive.

commentaires

EN MODE AVION

Publié le 12 Mai 2016 par Sophie dans cancer - témoignage

EN MODE AVION

C'est presque étonnant de voir comment la vie peut basculer en l'espace d'un quart de quart de seconde.

On passe un examen. On attend une heure pour avoir les résultats que l'on va chercher au guichet. La secrétaire vous tend le dossier que vous osez à peine ouvrir,comme une sentence de mort...ou de vie.

On ne devrait pas donner comme ca des résultats, aussi anonymement, dans la solitude complète. Recevoir une sentence, dans un couloir, seul, ce n'est pas bon...

On devrait exiger qu'un médecin accompagne le don des résultats.

Bon, en ce qui me concerne, après tout ce stress, ces angoisses, les résultats sont bons, excellents même. Pas de rechute. Plus de tumeur. Tout est redevenu normal.

Etonnant comme je suis quasiment dans un état second à chaque fois que je retourne au service d'oncologie pour faire les examens, que j'ai rdv avec le toubib. C'est comme si mon corps se mettait automatiquement en mode "avion", pour supporter toute cette angoisse inhérente à cette attente insupportable, pour savoir si oui ou non, je vais continuer à vivre.

Un mode avion qui perdure durant quelques heures encore après les résultats, comme si j'avais du mal à retourner au mode vie. Car oui, je vais vivre.

Prochain examen dans trois mois...

commentaires

TROUILLOMETRE

Publié le 10 Mai 2016 par Sophie dans cancer - témoignage

Demain IRM de contrôle.

J'ai le trouillomêtre à zéro.

commentaires

Calme

Publié le 27 Avril 2016 par Sophie dans cancer - témoignage

Calme

Il faut que je me ressaisisse. Ne pas céder à la panique. Accepter ce qui m'arrive. Faire avec. Du mieux que je peux, avec ce que j'ai.

En ce moment, je pense souvent au prof de gym de mes enfants, parti l'année dernière en trois mois, d'un cancer du pancréas. Il est parti, serein, ayant tout préparé durant ses derniers mois de survie, ayant dit au revoir à tous ceux qu'il aimait. Son enterrement, qu'il avait préparé lui même, est le plus beau de ceux auxquels j'ai assisté.

Son enterrement était un immense hymne à la vie.

J'aimerais avoir le courage de faire pareil.

Il faut que je me ressaisisse. Pour mes enfants, ma famille, mes amis. Il va falloir que je les accompagne.

Je ne ferai pas comme mon père qui n'a jamais rien dit, qui a fait comme si de rien n'était. Non, je vais parler, les accompagner ; leur dire que je les aime ; que l'on meurt tous un jour ; que moi, ca sera avant eux. Qu'il faut accepter.

Il faut que je prépare tout ca.

commentaires

Terrorisée

Publié le 27 Avril 2016 par Sophie dans cancer - témoignage

Terrorisée

RE-apparition des symptômes que je RE-connais.

Je suis certaine que la maladie est de retour, quatre mois après la fin des derniers traitements.

Je passe un IRM de contrôle dans une dizaine de jours...mais je ne me fais pas d'illusions.

Trouille, angoisse, colère, désespoir, fatalisme....j'alterne les émotions sans aucune maîtrise sur elles.

Je ne peux rien dire à personne. Tout cela est trop terrifiant.

Je ne sais pas comment je vais gérer ca.

Je ne sais pas comment je vais affronter une nouvelle attaque de la maladie.

Je suis terrifiée.

commentaires

PARI

Publié le 19 Avril 2016 par Sophie

PARI

Au moindre signal de mon corps, je me dis que la maladie est de retour, si tenté qu'elle soit un jour partie.

Et après l'angoisse et la colère, je me dis qu'il va falloir faire avec. Qu'il va falloir s'organiser.

Je sais aussi, que contrairement à la "première fois", l'espoir ne sera plus là. Ni chez moi, ni chez les autres.

Parce que la "première fois", on se dit que les traitements vont marcher, que nous, on va s'en sortir, et on a une confiance absolu en la médecine...

Mais lorsque la récidive est là, on sait parfaitement que la lutte est inégale et que l'on va perdre le combat, inévitablement.

Je ne sais pas si je vais accepter les traitements que l'on va me proposer. A l'heure actuelle, j'ai plus envie de profiter de la vie, de mes enfants plutôt que d'endurer des traitements terribles qui font du quotidien un enfer....pour gagner quoi ? Quelques années, quelques mois ? A quel prix.?

A l'heure actuelle, je ne souhaite pas que mes enfants vivent ce que j'ai vécu avec mon père, qui a enchaîné les traitements, jusqu'à l'épuisement...que de souffrances, que d'angoisses...

D'ailleurs, si la maladie repart, je ne sais pas si je vais en informer me proches dans l'immédiat, encore moins mes enfants...je ne veux pas qu'ils me voient morte avant que je ne parte.

Je crois que je leur dirai une fois que j'aurai apprécié la vie à leur côtés. L'été arrive, avec les vacances, le soleil, la plage et les beaux moments de l'existence.

Je mettrai les choses au point, après, lorsque l'on en aura bien profité. Lorsque l'on aura parié sur l'avenir, fait des projets ; lorsque j'aurai dit, encore et encore, à mes enfants que je les aime, que la vie les attend, qu'il faut avoir confiance en soi et faire tout son possible pour approcher le bonheur, et profiter, profiter, profiter de la vie.

Je veux vivre ces moments, ces instants sans que mes proches, mes amis, mes enfants voient en moi une future condamnée.

Je fais le pari de vivre avant de mourir.

commentaires
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 > >>